Le Midi Libre - Supplément Magazine - Le pain, aliment de base essentielle de notre quotidien
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Edition du 14 Avril 2009



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Le métier de boulanger
Le pain, aliment de base essentielle de notre quotidien
8 Avril 2009

L’origine du pain se perd dans la nuit des temps car, selon de rĂ©centes recherches archĂ©ologiques, le pain actuel serait l’hĂ©ritier d’une histoire vieille de plus de 5.000 ans. Longtemps nourriture essentielle de l’homme, surtout dans les campagnes, le pain est un aliment suffisamment riche pour donner Ă  l’homme l’Ă©nergie physique dont il a besoin. C’est la raison pour laquelle, sous une forme ou sous une autre, toutes les civilisations ont Ă©levĂ© le pain Ă  la hauteur d’un symbole de vie, l’ont considĂ©rĂ© comme la marque de la gĂ©nĂ©rositĂ© des dieux. Le pain renvoie naturellement au travail : « Tu gagneras ton pain Ă  la sueur de ton front ! dĂ©clare Dieu dans la Genèse. » On peut ajouter que le pain est le symbole du travail de l’homme sur terre bien que ce soit avant tout les cĂ©rĂ©ales qui soient Ă  sa base. La cĂ©rĂ©ale est une divinitĂ© dans pratiquement toutes les cultures. C’est prĂ©cisĂ©ment cette divinitĂ© qui apprend aux hommes comment cultiver, rĂ©colter, moissonner le grain, comment le moudre, travailler sa farine, cuire et transformer le fruit du labeur en un vĂ©ritable pain nourricier.

RencontrĂ© dans sa boulangerie, Nacer nous dit: «Dans ma famille nous portons le mĂ©tier de boulanger dans le sang. Nous exerçons ce travail noble de père en fils depuis maintenant quatre gĂ©nĂ©rations.» Et d’ajouter. «Autre fois, la cuisson se fait au bois et le pĂ©trissage Ă  la main, comme levain, nous utilisons un levain traditionnel lequel, progressivement, a disparu au profit de la levure. Le travail long et Ă©prouvant exige beaucoup d’efforts, mon père travaillait encore dans l’ancienne boulangerie, aujourd’hui modernisĂ©e.». «L’ancien four» dit-il, «était chauffĂ© au bois sur une dalle en briques. Ce qui donne une saveur particulière au pain». En effet, dĂ©clare t-il, «celui-ci prenait le temps nĂ©cessaire pour cuire et comme il cuisait au bois, les essences naturelles pĂ©nĂ©traient cet aliment de base de notre quotidien alimentaire, Ă  mĂŞme la brique, un autre Ă©lĂ©ment sain; cela ajoutait de la saveur.» Et de continuer: «de nos jours, le pain perd de celle-ci car il est cuit sur du mĂ©tal Ă  l’Ă©lectricitĂ© Ă  l’aide d’amĂ©liorant chimique, une poudre locale, que toutes les boulangeries utilisent; c’est ainsi que nous compensons afin d’obtenir un pain amĂ©liorĂ©.» Et de dĂ©clarer. «Certes, la modernisation a ses avantages; le matĂ©riel sophistiquĂ© nous permet de produire plus et de gagner du temps, seulement il ya le revers de la mĂ©daille, le pain perd de son goĂ»t d’antan.» «Aujourd’hui, rare sont les boulangers qui pratiquent encore les mĂ©thodes anciennes, et pour cause, je pense que cela n’est pas rentable» Conclut-il.

Le Pain : «un aliment parfait» disent les nutritionnistes
Selon les nutritionnistes, le pain est le seul aliment quasiment parfait, au point qu’un ĂŞtre humain pourrait vivre de cette unique nourriture : 100 g de pain apportent 55 g de glucides, 0,70 g de lipides, 7,5 g de protides, des sels minĂ©raux ainsi que des vitamines du groupe B.
Le pain est un aliment Ă©nergĂ©tique de choix grâce Ă  ses glucides Ă  absorption lente et ses fibres concourent au bon transit intestinal. «Mangez du Pain c’est Sain.»
Les points forts du pain
Un petit-dĂ©jeuner, Ă  base de pain, gĂ©nère pour les enfants une satiĂ©tĂ© plus longue (dĂ©gradation des molĂ©cules constituant l’amidon de pain au fur et Ă  mesure des besoins de la journĂ©e contrairement Ă  l’amidon des cĂ©rĂ©ales -pĂ©tales, blĂ© soufflĂ©-qui, par le traitement subi, est dĂ©jĂ  prĂ©digĂ©rĂ©), une meilleure rĂ©partition de la ration Ă©nergĂ©tique, une bonne humeur et une vigilance soutenue.
Autre point fort du pain, d’après les nutritionnistes, le grignotage qui constitue aujourd’hui la principale erreur alimentaire, le pain reprĂ©sente dans le cadre d’un repas complet un apport d’Ă©nergie de longue durĂ©e sans apport excessif de lipides.
Cela permet aussi d’Ă©viter la consommation de sucreries, de barres chocolatĂ©es ou autres sodas responsables de nombreux cas de surcharge pondĂ©rale ou d’obĂ©sitĂ©.
D’après les apports nutritionnels conseillĂ©s pour, il est recommandĂ© quotidiennement l’apport pour :
- Enfant de 2 Ă  6 ans : entre 60 g et 90 g de pain (1/2 baguette)
- Enfant de 7 Ă  12 ans : entre 100 g et 130 g de pain (un peu plus d’1/2 baguette)
- Adolescentes : pas moins de 150 g. (3/4 d’une baguette)
- Adolescents : pas moins de 200 g. (soit une baguette)
- Femmes adultes, pas moins de 150 g. (3/4 d’une baguette)
- Hommes adultes, pas moins de 200 g.
Par ailleurs, la quantité est à répartir sur les 4 repas pour bénéficier de toute la quintessence du bienfait du pain, notamment sa teneur en amidon.
Ces donnĂ©es moyennes ci-dessus sont Ă  rĂ©ajuster suivant la corpulence et l’activitĂ© physique.
Le pain est bon pour tous
Le Pain des petits
Les enfants dĂ©pensent Ă©normĂ©ment d’Ă©nergie dans une journĂ©e.
Le pain est un alliĂ© prĂ©cieux pour leur Ă©viter "coups de pompe" et baisses d’attention en classe. Les tartines de pain du petit dĂ©jeuner et du goĂ»ter Ă©vitent les grignotages nĂ©fastes pour les dents et la santĂ©.
Bon Pain, bon sport
Au cours des repas prĂ©cĂ©dant l’effort, le sportif trouve dans le pain les glucides complexes qui l’aident Ă  se constituer d’utiles rĂ©serves d’Ă©nergie, sous forme de glycogène, qui lui sont, nĂ©cessaires au moment oĂą il fournit son effort.
Autrement dit, il utilise les qualités du pain pour améliorer ses performances !
Manger du pain, lĂ©ger et riche en glucides, pendant le repas suivant l’effort, lui permettra de reconstituer ses rĂ©serves musculaires.
Pain et femme enceinte
Le pain est un des atouts santĂ© de la future mère et de l’enfant qu’elle attend :
Consommé lors des repas, il est un excellent pourvoyeur de glucides complexes dont le fœtus a besoin pour sa croissance, il aide la femme enceinte à équilibrer mes menus et à maîtriser sa prise de poids.
Pain et obésité
Le pain sert Ă  Ă©quilibrer l’alimentation en apportant au cours des repas, des glucides complexes comme l’amidon. Il est donc un parfait remède contre la boulimie, car il supprime la faim et compense l’envie d’absorber des graisses
Pain et diabète
Le pain peut constituer, comme Ă©lĂ©ment de base des collations, un coupe-faim naturel Ă  l’insulo-dĂ©pendant :
Nourrissant et pauvre en lipides, il permet de couvrir les besoins en glucides (40 à 60 % des besoins énergétiques et plus précisément en glucides complexes qui évitent les pics hyperglycémiques.
A chaque plat, son pain
Pains, baguettes, et ficelles accompagnent délicieusement volailles, viandes rouges, poissons en sauce et fromages à pâte fraîche. Avec le beurre pour allié, la baguette croustillante égaye les petits-déjeuners. Réservé aux amateurs de saveurs affirmées, le pain au levain se marie avec les plats en sauce et fromages.
Si le pain de campagne s’associe classiquement avec, poissons, viandes en sauces et fromages, il se plaĂ®t aussi en douce compagnie d’un bon foie gras.
Le pain complet se consomme avec volailles et fromages à pâte molle ou à pâte fondue.

Les étapes de fabrication du pain
La fabrication d’un pain de qualitĂ© exceptionnelle nĂ©cessite plusieurs Ă©tapes distinctes et incontournables.
Le mélange 
La première étape consiste à mélanger les ingrédients les plus fins pour donner au produit le caractère recherché. Lentement, le mélange devient pâte.
Le pétrissage
D’une main experte, l’artisan-boulanger pĂ©trit ensuite cette pâte jusqu’Ă  ce qu’elle acquière la souplesse et l’homogĂ©nĂ©itĂ© dĂ©sirĂ©es.
La première fermentation
Une fois le pĂ©trissage terminĂ©, on passe Ă  l’Ă©tape de la fermentation. Celle-ci est primordiale, car c’est elle qui permet Ă  la pâte de prendre toute son expansion. On la dĂ©pose dans un endroit Ă  tempĂ©rature et humiditĂ© contrĂ´lĂ©es et on la laisse reposer le temps qu’elle s’imprègne des arĂ´mes du froment
La deuxième fermentation et la pesée
L’artisan-boulanger pèse ensuite la pâte de chacune des boules qu’il divise en morceaux de diffĂ©rentes dimensions appelĂ©s pâtons et qui deviendront pains, baguettes, miches et autres dĂ©lices.
La troisième fermentation
La mĂ©thode de fabrication artisanale requiert ensuite une troisième fermentation. On laisse reposer la pâte Ă  nouveau après la manipulation du pesage. Son goĂ»t s’en trouve amĂ©liorĂ©.
Le façonnage
Il faut Ă  prĂ©sent donner une forme Ă  chaque pâton selon sa destinĂ©e, un geste savant qu’on nomme la tourne. Les pains façonnĂ©s sont ensuite dĂ©posĂ©s dans de petits paniers garnis de toile, les panetons, qui Ă©pousent les formes allongĂ©es ou rondes des baguettes et des miches. Lorsqu’elle s’Ă©tire, la pâte prend une consistance lĂ©gère qui contribuera Ă  la formation des alvĂ©oles et donnera Ă  la mie son moelleux.
La scarification
La scarification, c’est l’habiletĂ© de l’artisan-boulanger Ă  tailler la surface lisse de la pâte Ă  pain pour y apposer sa signature avant de l’enfourner.
La cuisson
La pâte est enfin glissée dans un four où elle cuit doucement et se transforme en pain.

Qu’est-ce que le levain
Le levain est une pâte composĂ©e de farine de blĂ© et de seigle, ou de l’un seulement de ces deux ingrĂ©dients, d’eau de source, (Ă©viter l’eau du robinet, le chlore limite l’activitĂ© du levain ou on peut cependant faire reposer l’eau du robinet dans une carafe au moins 6 heures et le chlore aura disparu) Ă©ventuellement additionnĂ©e de sel, et soumis Ă  une fermentation naturelle. Le premier levain, et le plus difficile Ă  obtenir, s’appelle le levain-chef. Ensuite, pour constituer une nouvelle base levante naturelle il faudra rĂ©utiliser une partie de cette souche Ă  entretenir pour la rĂ©utiliser Ă  l’infini. (L’infini Ă©tant cependant thĂ©orique car il arrive très souvent que le levain meurt et qu’il faille donc refaire un levain chef.)
Pour que le levain se constitue aisĂ©ment et correctement, il est important que la tempĂ©rature ambiante soit proche de 20-25°C et que la bouillie obtenue fermente Ă  l’abri des courants d’air et au sec durant 3 jours. Le levain se conserve comme les ĂŞtres vivants, il faut penser Ă  le nourrir, le maintenir Ă  bonne tempĂ©rature; en somme, prendre soin de lui.
Les avantages du pain au levain
L’avantage le plus immĂ©diat est, bien entendu, la saveur, nettement plus agrĂ©able et plus subtile. LĂ©gèrement acidulĂ© et plus dense, il a un goĂ»t plus typĂ© que le pain fabriquĂ© Ă  base de levure de boulanger. Autre avantage considĂ©rable : la conservation. Un pain au levain bien fait rassit lentement et reste très bon pendant une semaine et souvent davantage. Le pain Ă  la levure, au contraire, rassit en une journĂ©e. D’un point de vue diĂ©tĂ©tique, enfin, le pain au levain est bien prĂ©fĂ©rable. L’acidification et le travail enzymatique effectuĂ©s par les bactĂ©ries lactiques facilitent sa digestion et contrairement Ă  ce qui se passe dans la fermentation Ă  base de levures dĂ©composent la plus grande partie de son aciditĂ© contenu dans les cĂ©rĂ©ales complètes. IngĂ©rĂ© en trop grandes quantitĂ©s, cet acide, se combinant aux minĂ©raux de l’organisme, en particulier le calcium et le magnĂ©sium, peut ĂŞtre cause de dĂ©minĂ©ralisation. La fermentation au levain s’impose donc pour les pains Ă  base de cĂ©rĂ©ales complètes.
Origine du levain
Le levain fut pendant longtemps la seule manière de faire lever le pain. Il est très difficile de dater sa dĂ©couverte. Les premières reprĂ©sentations de celui-ci datent de l’ancien empire Ă©gyptien. Selon les versions, le levain aurait Ă©tĂ© dĂ©couvert par les Babyloniens ou par les HĂ©breux. Mais l’origine la plus frĂ©quemment citĂ©e est celle de l’Égypte; une personne aurait oubliĂ© sa pâte de cĂ©rĂ©ale sans la cuire, et celle-ci, sous l’effet de la fermentation se serait mise Ă  gonfler, crĂ©ant ainsi le premier pain levĂ©. ?

Conservation et congélation du pain
Pour conserver le pain, le mettre dans un torchon, afin de lui garder tout son goût et sa fraîcheur.
Bannir les sacs en plastique, qui ramollissent et font fermenter le pain et donc moisir.
Le pain "maison" ne contenant ni conservateur, ni additif, reste frais moins longtemps qu’un pain achetĂ© dans le commerce. Il doit ĂŞtre consommĂ© dans les 2 jours suivant sa fabrication.
Il est possible de congeler le pain; le plus facile étant alors de le couper en tranches avant, afin de ne décongeler ensuite que le nombre de tranches nécessaire.
Pour dĂ©congeler le pain, sortir la quantitĂ© dĂ©sirĂ©e du congĂ©lateur et envelopper le pain dans du papier absorbant, puis dans du film alimentaire Ă©tirable; l’humiditĂ© du pain sera alors absorbĂ©e.

La Préhistoire du pain
Au nĂ©olithique, il y a environ 9.000 ans, les hommes s’ouvraient Ă  la culture ; ils savaient dĂ©jĂ  broyer les graines des Ă©pis rĂ©coltĂ©s entre deux pierres, se posant ainsi comme les ancĂŞtres des meuniers. Les premières cĂ©rĂ©ales Ă©taient l’orge, le millet, le seigle, ou l’Ă©peautre, forme antĂ©rieure du blĂ©. Des traces d’aliments cĂ©rĂ©aliers ont Ă©tĂ© retrouvĂ©es au Moyen-Orient, datant d’environ 8.500 ans avant notre ère. En ces temps reculĂ©s, les brisures obtenues, mĂ©langĂ©es Ă  de l’eau, se consommaient sous forme de bouillie grossière. Puis, des galettes ont Ă©tĂ© confectionnĂ©es, cuites sous la cendre ou bien sur des pierres brĂ»lantes.

Par : Ourida AĂŻt Ali

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