Le Midi Libre - Culture - Hymne à la femme
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Edition du 14 Mars 2009



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Représentation de la pièce El Ghoutia au TNA
Hymne à la femme
14 Mars 2009

Le Théâtre national algérien Mohieddine Bachetarzi (TNA) a accueilli, l’espace de trois jours (11, 12 et 13 mars) la représentation de la pièce de théâtre ‘’El Ghoutia’’, mise en scène par Mohamed Abbès Islam d’après le texte d’Hussein Taïleb.

La pièce commence d’emblée dans un décor simple, mais artistiquement étudié : un salon style XVIIe siècle, un bar et un parapet en forme de cliché cinématographique. Le premier tableau est entamée avec la chanson «Non, je ne regrette rien», de la diva française, Edith Piaf. Des signes sémiologiques qui nous donnent de prime à bord les couleurs de la pièce déclinées sur un ton dramatique.
Ghoutia, personnage principal interprété par Nouara Mounira, fait son apartion de derrière le parapet, telle une ombre chinoise, vêtue de noir et accompagnée de son domestique. Ce dernier fait rire à grands éclats les spectateurs, son personnage étant très caricatural. Il joue le rôle d’un homosexuel. Un rôle de composition interprété avec brio par le jeune Hamiani Mohamed qui transgresse de prime abord le premier tabou.
L’histoire tourne exclusivement autour de Ghoutia qui a purgé cinq ans de prison pour avoir «commis» un crime, suite à un complot de la part de ses ex-maris. Avant son incarcération, elle était danseuse dans un cabaret et ses ex-maris, des personnes faisant partie, aujourd’hui, de la grande sphère politique du pays. Ainsi, autour de la course au pouvoir, Ghoutia compte se venger en publiant son autobiographie dénonçant les pratiques et le passé de ces personnes qui étaient très proches d’elle. Elle met à nu, ainsi ,toutes les tromperies, fraudes, falsifications et mensonges de ces personnes du pouvoir politique.
Un journaliste ambitieux, qui écrit dans un journal appelé les trois S, lui propose de l’aider à rédiger son livre et tirer profit de cette histoire malgré les risques qu’il encourt. Ses ex-maris ont eu connaissance de ce projet d’ouvrage à travers lequel Ghoutia veut divulguer toute sa vérité. Ils essayent alors, tant bien que mal, de la corrompre en lui proposant plusieurs millions d’euros. La trame de cette pièce n’est pas seulement un pamphlet contre ses ex-maris, c’est aussi l’histoire de Ghoutia, cette femme parmi tant d’autres qui fait face chaque jour que Dieu fait, à des problèmes qui la dépassent. Comme Kahina, Fatima, Naïma, Siham, Nadia, Saïda…Ghoutia est l’une des victimes d’une société traditionaliste, misogyne et patriarcale. En termes clairs, une société d’homme, peu encline à l’évolution de certaines mœurs et mentalités. Nous pouvons dire que cette pièce est un vrai hymne à la liberté. Nous y trouvons certes une femme qui se cherche : «Je suis qui ? Un homme qui se cache dans la carapace d’une femme ou une femme trop femme pour les hommes qui m’entourent ? N’y aurait-il pas un homme en ce bas-monde qui me réconforterait et ferait ressortir toute ma féminité ?» Mais Ghoutia est forte de personnalité. Bien qu’elle veuille oublier tous ses problèmes en noyant chaque soir son chagrin dans un verre de «vin», elle arrive à ses fins, car ses ex-maris finissent par s’entretuer. K. H.

Par : Kahina Hammoudi

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