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Edition du 5 Novembre 2008



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Finance islamique
L’Algérie à la recherche de son expansion
5 Novembre 2008

Actuellement le marché islamique est à l’état embryonnaire. Le système bancaire algérien ne possède que deux banques d’obédience islamique.

Le directeur d’Isla France Invest consulting, Zoubeir Ben Terdeyet un des intervenants au forum algérien sur la finance islamique qui s’est tenu hier à l’Hotel Sofitel, encourage la mise en place d’un marché inter bancaire islamique en Algérie sachant que le mode de financement est totalement distinct de celui des banques classiques, rappelant que « les actifs islamiques ont atteint 700 milliards de dollars dans le monde alors que le marché des pays du Conseil de la coopération du Golfe est un marché phare de l’industrie financière islamique avec un tiers des actifs globaux, soit 178 milliards de dollars (hors des fonds) ».
Actuellement le marché islamique est à l’état embryonnaire. Le système bancaire algérien ne possède que deux banques d’obédience islamique, à savoir El Baraka Bank qui a réalisé un bénéfice de 20 millions de dollars en 2007, et Essalam Bank (créée en 2008) en attendant l’agrément de deux autres organismes financiers.

Un marché restreint
Pour le P-DG d’El Baraka Bank Algérie, Nacer Hideur, «le marché financier islamique national est, à présent, restreint en ce sens que El Baraka Bank ne détient que 1,8 % du marché global et 15 % du marché privé.  Il n’existe pas de nouveaux produits, mais il faut impérativement créer une dynamique du développement social à travers une philosophie du ‘’banking’’ en Algérie. Il s’agit d’abandonner le financement participatif au profit du financement par dettes».
Les sources de financement d’El Baraka Bank (banque algéro-tunisienne créée en 1990 avec un capital de 5 milliards de DA) proviennent notamment des produits d’épargne (comptes sur livrets, des comptes et bons d’investissement et des crédits internationaux considérés comme une soupape pour la banque, ainsi que quelques participations dans des sociétés par le biais d’activités de conseil.
Les ménages, les PME-PMI, des groupes de femmes, des microcrédits sont également les acteurs de dépôts dans El Baraka Bank. Par ailleurs, une demande d’agrément d’une société de leasing (crédit-bail) a été déposée au niveau du Conseil de la monnaie et du crédit. Parmi les autres ressources, on peut  citer les dépôts à terme participatifs. Cependant, le financement participatif est au cœur de la finance islamique qui fonctionne dans la transparence et sans aucune opération spéculative, mais avec des principes de l’économie réelle créatrice de richesses et d’emplois.
Des observateurs estiment que la finance islamique est limitée dans la mesure où elle ne génère pas beaucoup de dividendes et de bénéfices susceptibles de financer des projets de grande envergure. Mais, ils pensent également que si les fonds des pays arabes musulmans évalués à des centaines de milliards de dollars sont utilisés et fructifiés dans des projets de développement économique et social durable pour le bien être des populations locales, ces pays seraient sortis du sous-développement et de la pauvreté, voire de la dépendance vis-à-vis des puissances économiques et financières .

Les Européens emboîtent le pas
Néanmoins, ce phénomène qui prend de l’ampleur en Europe et en Asie a tendance à éclore des places financières islamiques dans les capitales occidentales telles que Londres où les autorités britanniques sont les premières à avoir autorisé une banque islamique en 2004 respectueuse de la Charia en Europe où l’application des préceptes de l’Islam est une réalité. La Grande-Bretagne compte plus de 1,5 million de musulmans qui font de Londres la première place financière islamique du monde, alors que la communauté musulmane en Europe dépasse 11,5 millions de personnes.
En Asie, il existe 14 banques islamiques actives en Malaisie dont 3 en provenance du Golfe, tandis que l’Indonésie développe un marché potentiellement vaste. Quant à la Chine, elle s’intéresse de plus en plus à ce phénomène.
Toutefois, les promoteurs de la finance islamique veulent ravir la vedette à la capitale britannique et doter Paris d’une place financière plus  puissante. « En France, les banques islamiques sont beaucoup plus transparentes que les autres banques», a affirmé Ben Terdeyet.
Les banques islamiques fonctionnent principalement par l’apport des bailleurs de fonds et les actionnaires qui demandent des comptes et exigent une rentabilité minimum.   A. A.

Par : Amar Aouimer

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