Le Midi Libre - Midi Alger - «Nass El Khir», des bénévoles qui croient en Alger la blanche

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Ils ont consacré leur temps à nettoyer les plages ouest d’Alger
«Nass El Khir», des bénévoles qui croient en Alger la blanche
26 Octobre 2010

«Se mobiliser, c’est déjà agir ! Alors faisons un effort commun.» Ce sont des mots qui ont fait agir des dizaines de jeunes Algériens, notamment algérois qui se sont mis d’accord pour sauver notre environnement à commencer par les plages.

«Faites un geste pour les 71% de la surface de notre planète, on n’a pas accès aux océans mais si chacun d’entre nous prenait la peine de nettoyer la plage qu’il fréquente, c’est déjà un grand pas.» De simples Algériens se sont regroupé sur le réseau social Facebook il y a près de quatre ans maintenant dans un unique but, celui d’apporter de l’aide et faire du bien aux autres et à l’environnement. Ils sont de plus en plus nombreux aujourd’hui à consacrer quelques heures de leur temps libre pour assainir un site naturel. Une tendance qui se développe bien en Algérie aussi notamment grâce aux réseaux sociaux. Ce week-end, des dizaines de bénévoles en ont fait ainsi: consacrer un peu de leurs temps libre pour nettoyer cette fois les plages ouest de la capitale. Un projet nommé «Algérian Blue Day». Familles, jeunes hommes, jeunes filles et même petits, se sont tous réunis vendredi dernier à la plage de Palm Beach à Zéralda pour dire tous ensemble stop à la dégradation de notre environnement et à l’abandon de notre «Alger la blanche». Une initiative qui est loin d’être une première puisque les Blue Dayers l’ont déjà fait avant et l’opération est à sa deuxième édition cette année. Plusieurs d’autres opérations semblables sont au programme de ces bénévoles amoureux de la nature et sauveurs de l’écologie. Nombreux sont les étudiants comme Mounia et son amie Amina qui ont décidé de consacrer ce week-end d’octobre à un loisir, une passion qui est aujourd’hui une des actions humanitaires la plus tendance dans le monde nettoyer une plage de manière bénévole. Pour mobiliser d’autres bonnes volontés, les initiateurs du projet Blue Day ont décidé de mettre des annonces et des vidéos sur les sites communautaires et sociaux tel Youtube, Facebook et Twitter, qui sont devenus dans un temps record les plus prisés de la jeunesse algérienne. Des jeunes ou moins jeunes, des scolarisée aux retraités, sensibilisés à la protection de l’environnement, ont donc répondu à l’appel des initiateurs dudit projet et ont décidé, comme des dizaines d’autres, d’arpenter les rivages, sacs-poubelle, pelle et râteau à la main, pour ramasser canettes et mégots et bien d’autres déchets laissés dans les plages de la capitale depuis la fin de l’été. Il faut dire que ce regroupement de jeunes et de bénévoles devient aujourd’hui plus efficace que les organisations officielles et les associations de protection de l’environnement. Peu de moyens mais beaucoup de volonté et de courage étaient suffisants pour transformer en quelques heures seulement des plages sales et polluées en des plages propres et magnifiques à voir. Palm Beach, le port de la Madrague à Ain Benian, la plage artificielle ou encore la petite plage, toujours à Ain Benian, respirent aujourd’hui après des années d’étouffement de la saleté et de l’incivisme des habitants ainsi que des visiteurs ô combien nombreux notamment durant la saison estivale.
Des tonnes de déchets ont été donc ramassées au long de ces deux jours de volontariat et sans aucun financement officiel ; les bénévoles ont dû cotiser pour acheter le matériel de nettoyage. «L’Algérie a besoin de mobilisation comme celle-ci, pour l’amour du pays et celui de préserver notre nature», nous ont dit les organisateurs et les initiateurs de ce grand projet. Il faut noter que ces bénévoles nettoyeurs ne s’intéressent pas qu’au littoral, puisque plusieurs autres actions seront organisées. Elles viseront cette fois les quartiers, sous le thème de «cité Day». Des campagnes de nettoyage seront donc organisées toujours dans la capitale qui est pour le moment «le projet ou le plan pilote des initiateurs avant de généraliser cette actions dans tous le pays» ; tout cela toujours dans le but d’inciter les citoyens à «faire une petite action pour l’environnement et la mer, afin d’inculquer cette culture à nos enfants et sauvegarder un patrimoine vital». «Nettoyons la nature». Cette opération et bien d’autres qui concerneront encore tant les plages du littoral que des parcs, des forêts, des chemins de randonnée et même des sites en milieu urbain, a connu un succès croissant puisque le nombre de participants a doublé le deuxième jour de l’opération et de plus en plus de riverains dans les plages nettoyées sont venus participer et des milliers de jeunes ont été sensibilisés pour un lendemain meilleur et une Algérie plus propre. Des initiatives à encourager par les autorités concernées puisque la jeunesse d’aujourd’hui à un seul slogan aussi efficace que tous les programmes et les plans officiels «Yes we can», nous ont dit plusieurs de ces jeunes bénévoles.

Le volontariat une pratique "saugrenue" dans l’esprit des Algérois
Ce qui est encore malheureux aujourd’hui est que les Algérois n’ont toujours pas le sens du volontariat. Très nombreux sont ces personnes encore inconscientes et de plus en plus insouciantes de l’environnement et des dangers qui menacent l’écologie ainsi que leur vie et leur quiétude. Il n’a fallu que deux jours pour constater cette grave inconscience qui règne dans l’esprit de certains habitants ; lors de la première journée de l’opération Blue Dey qui s’est déroulée à Palm Beach, les  bénévoles ont été surpris par les comportements et les réactions des habitants qui se sont non seulement montrés indifférents mais aussi et surtout un peu ridiculisant l’action jusqu’à arrivés même à être insolents, ont témoigné certains bénévoles choqués par ces comportements. «Les habitants de Palm Beach sont venus nous dire d’accepter de revenir nettoyer de temps à autres et nous seront payé contre ces services», nous ont confié des jeunes filles bénévoles avant d’ajouter que «les gens de la région n’ont pas pu croire l’idée que des personnes étrangères à la région viennent nettoyer les saletés des autres sans aucune récompense et au lieu de participer à l’action, certains riverains ont préféré garder leur rôle de spectateur. Chose que trouvent les membres du projet Blue Day, «un peu décevante, parce que ça ne sert absolument à rien de nettoyer sans que cela face agir les habitants et provoque leurs sens de citoyenneté et donc change leurs comportements envers la nature. Il faut inculquer une bonne éducation comportementale et environnementale aux générations futures.»

Par : CHAFIKA KAHLAL

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