Le Midi Libre - Culture - L’Honneur aux femmes

Edition du 13 Novembre 2018



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Deux nouveaux albums de Messaoud Nedjahi, chanteur compositeur
L’Honneur aux femmes
16 Septembre 2008

L’un des pionniers de la chanson chaouie engagée, qui est également docteur en psychologie et écrivain, renoue avec ses Aurès natales dont il s’était géographiquement éloigné durant presque trois décennies. Il s’agit de Messaoud Nedjahi s’apprête à lancer deux nouveaux albums cette semaine.

Messaoud Nedjahi s’apprête à lancer deux nouveaux albums cette semaine. «Mes Aksel» et «Tulawin n’Tmurtinu» ont été enregistrés durant le mois d’août dans un studio de Batna et seront distribués par les éditions Aksel de Menaa. Le chanteur-compositeur, l’un des pionniers de la chanson chaouie engagée, qui est également docteur en psychologie et écrivain, renoue ainsi avec ses Aurès natales dont il s’était géographiquement éloigné durant presque trois décennies. «Ces deux CD sont à part. Ils constituent une rupture avec mon style habituel qui est surréaliste. C’est parce que j’ai été révolté de constater tout le conformisme vestimentaire et langagier qui s’est imposé ces dernières décennies. J’ai réagi en écrivant des chansons qui donnent la parole à des femmes qui ont senti qu’il fallait sauver leur liberté.»
En effet, chacune des chansons du CD «Tulawin n’Tmurtinu» (les femmes de mon pays) parle d’une femme d’exception. C’est notamment le cas de Fatima Ult M’hand, personnage célèbre de la région. Très fine poétesse, elle a eu le dessus sur le notable Ben Djelloun, à l’époque où les joutes poétiques étaient sanctionnées d’un gage pour le perdant. Ayant eu le dessus sur son adversaire en public, elle l’obligea à se déshabiller dans un café de Taghit où se déroulait le tournoi. «Il ne s’agissait pas de n’importe quelle compétition puisque les concurrents se relayaient, le dernier mot du premier vers devant être le premier du vers suivant, les vers devant rimer avec rigueur», déclare le chanteur admiratif. Cette histoire vraie démontre, s’il le fallait, les ressources poétiques et imaginatives des femmes. Quatre autres femmes sont à l’honneur : Saliha, Ouahiba, Barka et Zerfa. Des femmes qui par leur parcours donnent une leçon de courage et de dignité. Ce n’est pas la première fois que Messaoud Nedjahi met sa musique et ses écrits au service des femmes qu’il admire. Pour rappel, son album Iwal (l’espoir) met en avant une de ses amies décédées dont il reste inconsolable. La chanson a été reprise en espagnol par la Mexicaine Silvia Berceril et a été également interprétée au Maroc.
Dans le CD, Mes Aksel, que l’on pourrait très approximativement traduire par «Monseigneur panthère», l’auteur écrit face à la tragédie traversée par le pays :
«Aksel ! Ay aksel ! Matta ‘yen yuyen ? Aksel ! Ô Aksel ! Que nous arrive-t-il?
Awal deg wcerwiq am unemmitti La langue dans un tissu tel un mort
Di tnezzakt newwi t, negr’ it di tendelt Que nous mîmes, tôt le matin, dans une tombe
Yud’f it am weltut tiwdi s ukkerrer Tel un ectoplasme la peur éloignée par les incantations
Dans les deux albums, le chanteur s’accompagne uniquement de la guitare sèche, comme pour mettre en valeur la voix. Messaoud Nedjahi est surtout connu comme compositeur arrangeur de la chanteuse chaouie Dihya. Ses deux précédents CD sont A Yuddan et Iwal. K. T.

Par : Karimène Toubbiya

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