A l’occasion de la journée mondiale de Lutte contre le cancer, l’Association Waha solidarité de Constantine, dirigée par Zemouli Ahmed, a invité la Société algérienne de psycho-oncologie et soins de support (Saposs), composée d’une équipe pluridisciplinaire de soignants et soignants de support pour présenter un riche programme scientifique dédié au corps médical et patients le 10 février 2025.
Cette formation avait comme objectif de mettre l’accent sur les soins de support à prodiguer aux patients afin de les accompagner dans leur parcours de soins, et ce, depuis l’accueil du patient et de ses proches, démarches d’explorations de la maladie, puis son annonce et enfin pendant et après le traitement, comme le précisera la co-dirigeante de la Saposs, Mme Oukkal Fettouchi Zina. A cet effet, sept communications ont été présentées relatives à différentes thématiques et étapes de soins.
La Professeure Samia Difi, oncologue médicale à l’EHS Pierre et Marie-Curie (Alger), vice-présidente de la Saposs, première conférencière à intervenir par Google meet avec une communication intitulée « L’épidémiologie des cancers et intérêt de la prévention ». Il est à noter que les cancers, toutes localisations confondues, sont en progression surtout celui du sein qui est, en outre, prédominant de par le monde et notre pays ne fait pas exception.
Cette progression est due, entre autres, au changement de mode de vie, du tabagisme, de la consommation d’aliments transformés, de l’obésité, du manque d’activité physique, de la pollution... expliquera la conférencière. Ainsi, on ne le dira jamais assez : la prévention et la lutte contre ces facteurs de risque demeurent les seuls moyens de diminuer la survenue de ces pathologies cancéreuses.
La Professeure Dehbia Ourrad, anesthésiste- réanimatrice, responsable de l’unité anti-douleur au CHU Beni Messous et vice-présidente de la Saposs, a communiqué sur « la prise en charge de la douleur liée au cancer » d’où l’intérêt, dira-t-elle, des soins de support afin d’offrir un accompagnement idoine au patient et d’atténuer un tant soit peu sa douleur physique et morale, notamment lors des cures de chimiothérapie et radiothérapie.
Z. Oukkal Fettouchi, onco-psychologue major à l’EHS Pierre et-Curie et vice-présidente co-dirigeante de la Saposs, enchaînera avec une communication mettant en exergue l’importance d’accompagner le patient dans son parcours de soins ainsi que de l’intérêt de généraliser les soins de support au sein des centres de lutte anti-cancer ; en l’occurrence, c’est l’objectif de base de la Saposs. En effet, aujourd’hui, il est clair que la prise en charge du patient atteint de cancer est une approche globale, c’est-à-dire que les soins spécifiques comme la chirurgie, la chimiothérapie et la radiothérapie lui permettent la survie et les soins de support, à savoir :
la nutrition, les soins esthétiques, la psycho oncologie avec psychologues et psychiatrie de liaison, l’aspect socioéconomique, familial, l’aide au sevrage tabagique… lui permettent une qualité de vie et la prévention. Par là-même, la communicante expliquera à l’assistance l’importance de l’Espace de rencontres et d’information (ERI) qui existe à l’entrée des centres anti-cancer mondiaux et souhaite, par conséquent, l’institutionnalisation de cet espace nécessaire aux patients et à leurs proches en cancérologie.
Mme Oukkal avoue avoir aménagé un tel espace au profit des patients et leurs proches depuis les débuts d’années 90, mais d’une façon informelle au CPMC dans son bureau, mais ce n’est pas l’endroit requis, il faut l’institutionnaliser à l’entrée du Centre. Dans cet ordre d’idées, la conférencière rappellera que l’annonce de la maladie doit se faire avec tact et circonspection aux patients afin de les informer sur ce qu’ils ont et les amener à l’accepter au fur et à mesure d’un accompagnement soignant humain et spécialisé. En guise de conclusion, Mme Z. Oukkal dira que le soutien et l’accompagnement sont essentiels et souhaite continuer à réfléchir et agir ensemble avec tous les réseaux de support onco-psychosociaux, comme celui de Waha, pour le bien-être psychosocial des patients.
Le professeur Bekkou Seddik, chef de service en pédo-psychiatrie à l’hôpital de Tipasa et trésorier adjoint de la Saposs, a souligné l’intérêt de liaison avec l’onco pédiatrie en cas de besoin.
Medjahed Seddik, onco-paramédical major à l’hôpital de jour du service d’oncologie médicale (CPMC) et membre assesseur à la Saposs, s’occupe de l’éducation thérapeutique pour poser l’appareillage lors d’une stomie en cas de cancer colorectal et comment gérer l’hygiène de cette dernière dans la vie sociale.
Melle Sakina Cylia Lateb, biologistenutritionniste et membre assesseur de la Saposs, a insisté fortement à travers sa communication sur l’importance d’adopter une bonne hygiène de vie, autrement dit, une alimentation saine surtout pour prévenir la survenue d’un cancer, pendant la maladie et afin d’éviter les récidives. Elle recommande, en outre, de pratiquer une activité physique.
Dr Zinedine Behocine, hypnothérapeute et membre adhérent actif à la Saposs, prendra la parole pour expliquer le rôle de l’hypnothérapie, connue depuis l‘antiquité dans la gestion du stress et de la douleur mais souvent dénigrée. Cette thérapie, dira-t-il, est une approche complémentaire précieuse non invasive pour accompagner le patient. Enfin, en marge des travaux de cet atelier, des patientes ont raconté leur parcours depuis l’annonce du diagnostic, les difficultés rencontrées lors du parcours de soins… une occasion pour elles d’échanger sur leurs expériences ; en fait, une catharsis en soi.
Dar Waha solidarité, Oasis de bien être et de sérénité pour les malades atteints de cancer
Waha solidarité est une association à but non lucratif qui met à disposition des malades atteints de cancer un complexe médico-social à Constantine. Présidée par Ahmed Zemouli, cette Association a organisé sa première édition appelée « la quinzaine Ensemble contre le cancer» du 1er au 15 février ; un conclave de lutte contre le cancer par la prévention et l’assistance. A cet effet, des médecins et experts ont développé les nouvelles avancées thérapeutiques et présenté des expériences professionnelles. Ainsi, durant les 15 premiers jours de ce mois de février, différentes thématiques ont été soumises à débat et un état des lieux relatif à la pathologie a été établi.
Des conseils et mesures à suivre face à la maladie ont été formulés que sont l’hygiène de vie, les activités physique et artistique à pratiquer comme soins de support. L’assistance a écouté également les témoignages des patientes et patients venus de différentes localités de la région. Ceci brise un tabou fera savoir Ahmed Zemouli, étant entendu qu’aujourd’hui, même si le cancer est en progression en raison du changement climatique, de la pollution atmosphérique, entre autres, il n’en demeure pas moins que l’évolution scientifique a permis le traitement du cancer, à l’instar de ceux d’autres maladies, avec une probabilité de guérison plus grande ; surtout si le malade est diagnostiqué à un stade précoce.
Présentation des structures de Dar Waha solidarité
Les invités de la Saposs ont bénéficié d’une visite guidée par le président Zemouli Ahmed et son équipe de Dar Waha solidarité, institution créée en 2019. Les membres présents de la Saposs ont ainsi pu visiter toutes les infrastructures de Dar Waha solidarité mises à la disposition des patients ce qui représente un avantage certain aux patients. Il s’agit, en fait, de plusieurs résidences baptisées du nom de patients qui ont séjournés à Dar Waha, le temps de leurs traitements ou de ceux qui sont en rémission. Ainsi, la résidence Younès, par exemple, est composée de chambres, de salon, de sanitaires, de salle de réunion, de réfectoire... c’est-à- dire toutes les commodités pour un séjour le plus agréable possible.
Les parents de malades en visite bénéficient également d’endroits d’hébergement et de loisir. Par ailleurs, le Centre dispose d’espaces culturel, de loisir, de sport et bien sûr médical. Des chemins de randonnées, des airs de jeux ont été, en outre, prévus toujours dans un souci de rendre autant que faire se peut le séjour le plus favorable possible au traitement de la maladie. Il est clair que ces disponibilités n’ont pu voir le jour qu’avec le concours de bénévoles et d’aides de bienfaiteurs. Puisse une telle volonté perdurer et s’élargir à tout le reste du pays.