Le Midi Libre - evénement - La folle ambition de Baadji

Edition du 16 Août 2022



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Prochain congrès du FLN
La folle ambition de Baadji
16 Août 2022

Au FLN, c’est une sourde bataille qui oppose plusieurs protagonistes. Cette lutte acharnée entre les différents clans de l’ex parti unique n’a qu’un seul et unique objectif : s’accaparer l’appareil du parti. En prévision du prochain congrès, chaque clan affûte ses armes

Le 11e congrès qui aura lieu dans quelques mois est d’une importance vitale pour de nombreuses chapelles qui se disputent le leadership au sein du parti. Et avant même la tenue de ce conclave, la guerre de tranchées fait rage. En effet, à la faveur de l’élaboration des textes qui seront soumis aux congressistes pour approbation une bataille à fleurets mouchetés se déroule depuis quelques semaines déjà et chaque camp essaye d’imposer sa vision. Les fidèles de l’actuel secrétaire général, Abou El Fadl Baadji, tentent ainsi de consolider leur mainmise sur le parti afin de préparer le terrain à leur favori.

C’est certainement Abou El Fadl Baadji qui veut que le secrétaire général du parti soit élu par le congrès. Une proposition qu’il veut voir insérer dans le projet de règlement intérieur qui sera soumis à l’appréciation des congressistes. Pour éviter toute éventuelle surprise Baadji et ses partisans préfèrent cette manière de faire. Or, cette proposition ne fait pas du tout l’unanimité, loin ne s’en faut.

« Que restera-t-il alors d’autorité au comité central du parti ? ». C’est la question que posent les détracteurs de cette proposition. Une autant osée qu’inédite. En effet, jamais auparavant le secrétaire général du parti n’a été élu par le congrès. C’est en effet une prérogative qui a toujours été dévolue au comité central du parti qui dispose ainsi d’un puissant instrument lui permettant de contrôler l’action du secrétaire général et, éventuellement, de pouvoir le démettre en cas de conflit interne.

Le comité central reste ainsi la plus haute instance entre deux congrès et jouit de la sorte d’un réel pouvoir. A ce titre on se rappelle l’épilogue de l’éviction de l’ex secrétaire général du parti, Abdelaziz Belkhadem. Ce dernier, aux prises alors avec une terrible fronde interne au sein, justement, du comité central, a accepté, au bout de moult péripéties , de remettre en jeu son mandat. C’était, pour rappel, au mois de janvier de l’année 2013. A l’issue du vote, lors d’une session extraordinaire du comité central, Abdelaziz Belkhadem, a alors, contre toute attente, perdu contre ses adversaires qui ont réussi la gageure de le renverser.

Le vote était serré et les opposants l’ont emporté grâce à quatre voix de plus que les partisans du Belkhadem. Ce dernier et ses partisans n’en revenaient pas, mais le résultat de l ‘urne était alors net et sans bavure. Cette digression permet de comprendre pourquoi les opposants de Baadji voient d’un mauvais oeil la proposition de vouloir délester le comité central de sa prérogative d’élire le secrétaire général. Baadji, qui ambitionne de garder son poste et sans doute pour se mettre à l’abri de toute éventuelle mauvaise surprise, veut ainsi écarter le comité central.

Par : KAMAL HAMED

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