Avant le 13e sommet de l‘OIF prévu du 22 au 24 octobre à Montreux (Suisse) ,l‘Organisation internationale de la francophonie (OIF) indique dans son rapport publié mardi qu‘elle comptabilise 220 millions de francophones dans le monde . En plus, des 70 pays membres de l‘OIF dont 14 pays dits "observateurs", les francophones d‘Algérie sont évalués à 11,2 millions de personnes. Dans les pays africains, seules les personnes sachant non seulement parler mais aussi lire et écrire le français ont été prises en compte. Le français est la neuvième langue parlée au monde et deuxième langue enseignée ,avec 116 millions de personnes qui l‘apprennent. "Depuis 150 ans, le français n‘est plus une langue universelle, on a tardé à en prendre conscience", constate Frédéric Bouilleux, directeur de la langue française et de la diversité linguistique à l‘OIF. Aujourd‘hui, on parle le français parce qu‘on en a besoin, pas seulement au niveau des élites. D‘après le rapport, le français se développe en Afrique, principalement pour des raisons démographiques, stagne en Amérique du Nord, et décline en Europe, où le Royaume-Uni, par exemple, a décidé, en 2004, que la langue de Molière n‘était plus obligatoire à l‘examen final du cycle secondaire.La régression est aussi manifeste dans toutes les organisations internationales et sur leurs sites, même quand le français y est langue officielle et même langue de travail. Ainsi, constate Alexandre Wolff, responsable de l‘Observatoire de l‘OIF, seulement 15% des textes de la Commission européenne de Bruxelles sont émis initialement en français et servent ainsi de base de discussion avant tradu tion. Dans les instances de l‘ONU, à Genève, ajoute-t-il, 90% des textes sont d‘abord rédigés en anglais.Dans ses projections, l‘OIF anticipe que l‘Afrique, où vit déjà environ la moitié des francophones du monde, en regroupera en 2050 environ 85%, sur 715 millions de locuteurs, toujours en vertu de son dynamisme démographique. Et à condition que la scolarisation continue de progresser sur ce continent et que le français y demeure une langue enseignée (le Rwanda a, quant à lui, opté pour l‘anglais).