Le Midi Libre - La 24 - Beaucoup de bruit pour rien

Edition du 10 Fevrier 2010



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Débat sur l’identité nationale en France
Beaucoup de bruit pour rien
10 Fevrier 2010

Le débat sur l’identité nationale mené par le ministre de l’Immigration s’est terminé en queue de poisson lundi dernier. Au lieu du grand colloque présidé par Nicolas Sarkozy, ce fut un séminaire gouvernemental animé par le Premier ministre, François Fillon.

Et la montagne accoucha d’une souris dirons-nous. Plus de 340 réunions locales, 750.000 visiteurs sur le site et 58.000 contributions selon le porte-parole du gouvernement, pour un si maigre résultat. Ce débat se sera aussi distingué par de nombreux dérapages contre les musulmans et l’Islam de la part de personnalités politiques. Le climat islamophobe s’est d’ailleurs manifesté hier encore par des inscriptions racistes et anti musulmanes sur les murs de la grande mosquée de Saint-Etienne en construction. Mais il fallait au parti de la majorité justifier cet échec à la veille des elections régionales et tenter de convaincre du bien-fondé de la démarche présidentielle . "Nous nous félicitons de l’initiative du gouvernement d’organiser un séminaire gouvernemental pour élargir le débat, pour que chacun des ministres puisse donner son avis", a affirmé dans ce sens le porte-parole de l’UMP lors d’un point de presse. "Qu’il soit clair pour tout le monde, pour les Français, pour les observateurs, pour nos adversaires politiques, qu’il n’est question ni de reculer ni de s’excuser sur un débat qui est essentiel pour l’avenir de la France". Alors que déjà tous les observateurs ont compris que l’initiative est bel et bien morte et enterreé. Dès son lancement, plusieurs membres de la majorité souhaitaient déjà arrêter le débat et certains n’ont pas mâché leurs mots. Huit d’entre eux ont d’ailleurs boudé le séminaire d’avant-hier. A commencer par Martin Hirsch, le Haut commissaire à la jeunesse et aux solidarités actives. Même s’ il était en déplacement au Pérou, il n’a cessé de montrer son hostilité au débat. Autre absence remarquée, celle de la secrétaire d’Etat chargée de la politique de la Ville, Fadela Amara. "Ce n’est pas sur le fond, c’est peut-être sur la forme qu’on aurait pu faire autrement", a-t-elle déclaré à la presse. Eric Besson tente lui aussi de se depêtrer de cette situation. Interrogé par le journal Le Parisien sur le fait d’être dépossédé du dossier par François Fillon, il répond que non et que pour lui, ce séminaire serait "une manière de le pérenniser, de le conforter en l’inscrivant dans un cadre interministériel". La réalité est que Sarkozy a passé le bébé au Premier ministre. Celui-ci a tenté d’annoncer des mesures, dont certaines existent déjà, comme un programme révolutionnaire.  Une première série de mesures sur l’identité nationale, dont la mise en place d’une commission de personnalités chargées d’approfondir le débat et l’affichage dans chaque classe de la déclaration des droits de l’Homme et du citoyen sont l’essentiel de ces annonces. Cette commission comprendra des parlementaires, des intellectuels et notamment des historiens et sera chargée auprès du ministre de l’Immigration, Eric Besson, de suivre la mise en œuvre des mesures décidées aujourd’hui et d’en proposer de nouvelles. Il est à signaler que plusieurs historiens et intellectuels ont refusé de participer au débat et certains ont lancé un appel pour la suppression du ministère de l’Immigration. Dans ce train de mesures, il est aussi prévu que "le drapeau tricolore devra être effectivement apposé sur chaque école et la déclaration des droits de l’Homme et du citoyen de 1789, qui constitue notre référence républicaine, devra être présente dans chaque classe", indique Fillon qui affirme sa volonté de « cultiver la fierté d’être français.» Le même Fillon souhaite instaurer, dès la rentrée 2010, un "carnet du jeune citoyen" qui accompagnera les jeunes générations du primaire au lycée. Le Premier ministre veut également renforcer l’enseignement d’éducation civique pour la rentrée 2011. Ainsi, les cérémonies d’accueil et d’accession à la citoyenneté française devraient être systématisées avec la signature, par les nouveaux français, d’une «charte des droits et des devoirs». Quand au Président Sarkozy, il pourrait revenir sur le sujet, dit-on à l’UMP, en avril soit après les élections régionales.
G. K.

Par : Ghania Khelifi

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