Une encyclopédie des Etats arabes, élaborée dans le cadre de l’intégration économique arabe (Zone arabe de libre échange, entrée en vigueur en 2007 avec l’adhésion de l’Algérie en janvier 2009), est disponible au niveau de tous les Etats membres de la Ligue arabe. Chaque pays de cet espace a sa «propre encyclopédie».
Seulement, notre pays «a raté», explique Abdelkrim Yousfi, représentant exclusif à Alger du secteur économique de la Ligue arabe, chargé de l’élaboration de l’encyclopédie Algérie, «l’édition de 2007 a été éditée en 2 versions, imprimée et visuelle (DVD)». Du coup, l’Algérie économique est insérée dans cette édition (2007) entre deux pays arabes, les moins évolués économiquement, Djibouti et les îles Comores. Ce qui, déplore Abdelkrim Yousfi, «ne reflète pas l’image de l’Algérie, un pays stratégique du monde arabe», et circonstances aggravantes, elle l’édition de 2007 est pauvre en base de donnée et donne une fausse image de notre économie. Le représentant de la Ligue arabe à Alger avoue que «les Algériens négligent le rôle du marketing et l’importance de la publicité commerciale sur les supports médiatique y compris cette encyclopédie» et reconnaît qu’ «il y a un grand effort à faire sur ce plan». C’est ce qu’il tente de corriger en faisant du porte à porte auprès des entreprises publiques et privées pour les convaincre d’adhérer à l’encyclopédie économique Algérie». Ces entreprises ont tout à gagner, affirme-t-il «c’est gratuit et elles peuvent bénéficier des espaces publicitaires, subventionnés par la Ligue arabe». Argument de taille brandi par Abdelkrim Yousfi, et qui finira par séduire les opérateurs économiques algériens, «le marché arabe est estimé à 400 millions de consommateurs». C’est un challenge pour ces entreprises, souligne-t-il, pour «concurrencer les produits arabes et étrangers dans cette zone de libre échange», se disant persuadé que ce challenge est à relever, «les produits nationaux sont avantagés par le faible coût de transport, les tarifs douaniers et les avantages fiscaux». Seulement, il faut que ces entreprises se fassent connaître. C’est le rôle que veut faire jour, Abdelkrim Yousfi à l’encyclopédie économique Algérie englobant, a-t-il soutenu, «tous les secteurs d’activité des PME, PMI et autres petites entreprises». Une encyclopédie qui sera, selon lui «distribuée gratuitement dans les pays arabes et à l’étranger grâce à des conventions qui lient la Ligue arabe à l’Union européenne et aux USA».
Ce travail, dit-il, persuadé, «sera la seule source importante économique pour le monde arabe et l’étranger», d’où, il estime être chargé d’«une grande responsabilité», celle de «redorer le blason de l’Algérie et notre économie», altéré, selon lui, par «la désinformation». Cette encyclopédie va corriger la fausse image du marché algérien, souligne-t-il, «chez les professionnels et biznessmen en présentant les opportunités d’affaires et les avantages qu’offre ce marché», le qualifiant de «vierge, juteux et porteur». Le représentant exclusif de la Ligue arabe à Alger est optimiste pour l’évolution de la Zone arabe de libre échange, avançant que «les échanges commerciaux inter-arabes sont en constante progression».
Les chiffres fournis confortent son analyse. De 1, 03 milliard de dollars en 2005, ils sont passés à 2,14 milliards de dollars en 2007 pour atteindre la somme de 3, 28 milliards de dollars en 2008. Toujours est-il que le commerce Algérie/ Zone arabe de libre échange se fait au détriment de l’Algérie comme le soutiennent certaines organisations patronales algériennes ? Abdelkrim Yousfi, relativise ces critiques et pense qu’il faut un peu de temps pour habituer les consommateurs arabes, traditionnellement tournés vers les produits venant d’Europe ou d’Asie ou d’Amérique, aux produits algériens et met également les frilosités des Arabes à consommer algérien sur les contingences politiques entre certains Etats arabes qui ne sont pas faites pour faciliter les choses. En tous cas, Abdelkrim Yousfi est convaincu que l’Algérie tirera son épingle du jeu dans cet espace économique inter-arabe pour peu qu’un effort sur la communication soit accompli par le monde algérien des affaires.