Le célèbre producteur américain, Harvey Weinstein, qui a notamment distribué The Artist aux Etats-Unis, a pris la défense lundi de l’exception culturelle en Europe au festival de Cannes, garante selon lui de l’originalité des œuvres cinématographiques, ont rapporté des médias.
"L’exception culturelle encourage les réalisateurs à faire des films sur leur propre culture", a souligné M. Weinstein, lors d’une conférence sur e sujet organisée par le Centre national du cinéma (CNC). "Nous en avons besoin plus que jamais". "Un grand succès se fait en marquant sa différence", a-t-il ajouté, rappelant qu’"à un moment, en Italie, ils imitaient les films américains tout le temps".
Mais "nous n’avons jamais acheté aucun de ces films, parce que nous les faisions mieux, et qu’il n’y avait pas de raison de faire deux fois la même chose". Harvey Weinstein intervenait aux côtés de cinéastes européens, emmenés entre autres par le réalisateur français d’origine grecque Costa-Gavras, venus remettre à la ministre de la Culture française, Aurélie Filippetti, une pétition signée par plus de 5.000 professionnels pour exiger des chefs d’Etat européens l’exclusion du secteur de l’audiovisuel dans le projet d’accord de libre-échange entre les Etats-Unis et l’Europe
La Commission européenne a donné, en mars, son feu vert au lancement de négociations pour un accord de libre-échange avec les Etats-Unis, incluant le secteur audiovisuel dans le mandat de négociations. Or, alors que le mandat doit encore être adopté par les Etats membres de l’UE qui l’examineront le 14 juin, une bataille est menée pour s’opposer à ce que l’audiovisuel figure dans les négociations au nom du respect du principe de "l’exception culturelle", qui consiste à faire de la culture une exception dans les accords internationaux, et à permettre aux Etats de limiter le libre-échange dans ce secteur pour soutenir et promouvoir leurs œuvres.