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Edition du 23 Décembre 2009



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Hadjou Naima, auteur de Amenugh n tudert-iw
La poésie pour s’affirmer
23 Décembre 2009

L’écriture féminine en Algérie n’est pas des moindres. Quelle que soit la langue utilisée, le français ou l’Arabe, le Tamazight désormais, la femme algérienne a répondu présent dans la grande tâche de la pensée et de l’imaginaire. Il ne suffit pas de dresser une liste. Pourtant, Assia Djebbar, Malika Mokeddem, Aicha Bouabaci, Ahlem Mostaghenmi, Hadjira Oubachir, Rabéa Djalti… ont bâti, dans le  génie, l’œuvre intellectuelle algérienne qui a maintenant droit de cité au sein de l’universalité. Naima Hadjou est bien partie pour intégrer cette dynamique. Jeune ? Elle l’est dans le souffle et la thématique ; racée? Elle l’est aussi par son approche poétique. Dans son recueil de poésie, « Amenugh n tudert-iw » ( le combat de ma vie ) est en lui-même tout un programme. Hadjou passe de la thématique amoureuse au combat identitaire, comme si elle avait en elle le beau vers de Jean Sénac :  « Et maintenant nous chanterons l’amour/Car il n’y a pas de révolution sans amour. » Cette affirmation s’applique totalement au fond de l’écriture de cette poétesse. D’emblée, Hadjou entame son jeu d’écriture en plaçant au centre de son cri les larmes du souffle amoureux pour l’éternité. Comme si elle souhaite ressusciter les grandes odes où le soupirant se meurt de l’absence/présence de la dulcinée. Cette auteure prend de temps à autre le risque d’utiliser un intermédiaire pour appeler et dire sa douleur. Comme si elle n’osait pas s’adresser directement à l’objet du désir. Subterfuge poétique ? Peut-être. «S’il te questionnait sur moi/Dis-lui : elle est partie et reviendra un jour/Elle a pleuré à cécité/Elle est arrivée au centre de l’impossiblité/A cause de toi elle porte sa quête … » Voilà dans une tentative de traduction de l’appel pathétique, mais ô combien lucide, que Naima Hadjou lance dans une addition poétique que le HCA a édité en 2OO7. Elle ne se limite pas seulement à pleurer ou à se lamenter sur son sort. Il y a dans ces feuillets un espoir immense à faire frémir le dernier des désespérés. Elle s’accroche à ses aînés. Mammeri, Feraoun, Matoub… et d’autres. Elle quête leur assentiment, comme pour se défier elle-même et casser par là le mur du mutisme que s’impose souvent la femme. Elle ose briser le carcan d’un environnement hostile. Elle prend la parole. Et mieux encore, elle prend la plume, écrit de sorte que le vers lui assure la plénitude de son affirmation. Malgré la révolte, Hadjou prend sur elle de revenir sur le terrain des sentiments, comme si elle agressait à l’Autre un post-scriptum pour dire l’inutilité d’une réconciliation. Elle tient à cela. Elle se libère et libère en même temps le champ de son cœur. Elle souhaite aller vers l’essentiel, c’est-à-dire prendre la clé des champs. Voilà ce qu’elle dit dans « Ccfaya » (Souvenir) : « J’ai oublié que je pouvais t’oublier/J’ai espéré que la vie était entre tes mains/Derrière toi je n’ai cessé de courir/J’ai pris la route de la contrainte/Puis je t’ai pleuré/Sans connaître la raison …».

Par : I. I.

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