Deux semaines après l’installation d’une commission composée de 9 architectes pour traquer les constructions inachevées sur l’ensemble du territoire de la commune, Constantine en a recensé 2.000.
Les agents de la commission sus-mentionnée ont sillonné plusieurs arrondissements urbains afin de relever les «infractions» et sensibiliser les citoyens sur l’obligation d’entreprendre les travaux d’achèvement. Sur les 9 arrondissements qui composent la municipalité du vieux Rocher, cinq ont enregistré le plus grand nombre de bâtisses non-conformes aux nouvelles dispositions de l’urbanisme. A eux seuls, les Mûriers, El Gammas, Le 5 Juillet, Belle-vue et Djebel Ouahch présentent au sein de leur tissu urbain 1.269 constructions inachevées. Il ressort de ces statistiques que même les endroits, les plus huppés de la ville, à l’exemple de Belle vue, sont gangrenés par ce phénomène. Ce dernier a pris de l’ampleur durant la décennie noire qui a favorisé l’édification de sites collectifs d’habitations, loin de toute conformité en raison de l’exode rural. Les autorités publiques appelleront de leurs vœux à sa circonscription, d’ici à cinq ans, grâce à la loi 08-15 du 20 juillet 2008. C’ est à partir de Constantine, en date du 16 avril 2007, que le président de la République a déploré la désagrégation du tissu urbain à l’entrée des agglomérations. La loi sur la conformité des constructions et leur achèvement, viendra, par la suite, illustrer les dispositions juridiques susceptibles de mettre le holà à cette nuée de chantiers permanents. Elle est exécutoire sur une durée de cinq ans et exclusive des « constructions entamées et (ou) achevées en travaux avant la date de la promulgation de la dite loi». En sont concernées : les bâtisses non achevées avec permis de construction ; non-conformes avec permis, achevées sans permis et non achevées sans permis. En sont exclues toutes celles érigées sur les sites spécifiques tels ceux touristiques, archéologiques, portuaires et aéroportuaires, agricole etc. La municipalité de Constantine a donc anticipé sur l’entrée en vigueur des textes de loi. Dans un pays où les statistiques officielles accordent à l’auto- construction une couverture de 56% de l’ensemble du parc immobilier, la nécessité d’homogénéiser le tissu urbain devient alors un impératif. La loi 08-15 du 20 juillet 2008 prévoit des modalités de facilitations pour que les citoyens concernés puissent redémarrer les chantiers ou effectuer les travaux d’achèvement. Elle prévoit aussi des sanctions à ceux enclins à faire fi des dispositions légales. Ainsi, les réfractaires seront passibles d’amendes allant de 5.000 à 1 million de dinars, assorties de peines de prison.