Les détaillants brandissent un seul argument en guise de réponse, il sont eux aussi victimes du diktat imposé par les mandataires des Min (Marché d’intérêt national), situé dans la commune d’El Bouni et où se négocient les ventes en gros.
A l’instar des autres grandes villes du pays, la spéculation effrénée n’a de cesse depuis le début du ramadhan, encouragée par l’absence quasi-totale de tout contrôle ou répression de la part des autorités compétentes. Saignées à blanc par des commerçants sans scrupules, les petites bourses ne savent plus où donner de la tête, face à la mercuriale en hausse constante. "Le malheur fulmine un père de famille, c’est que les prix des fruits et légumes ne font que grimper chaque jour davantage, c’est du jamais vu, en plein mois de la foi et de la rahma». Au marché d’El Hattab, situé au cœur de la ville de Sidi Brahim, et considéré comme la bourse du marché des fruits et légumes dans la région, le prix du kilo de tomates fraîches, était au premier jour du mois sacré, à 30 DA. En une semaine, il a grimpé jusqu’à 60 DA. Soit le double. Idem pour la salade verte qui a atteint, ces derniers jours, la barre prohibitive des 100 DA le kg.
D’où la question qui taraude les esprix : «Qui est responsable de cette folie mercantiliste ?». Les détaillants ne brandissent qu’un seul argument comme réponse, il sont eux aussi victimes du diktat imposé par les mandataires des Min (Marché d’intérêt national), situé dans la commune d’El Bouni et où se négocient les ventes en gros. «Nous sommes le maillon intermédiaire, donc les plus vulnérables de la chaîne, nous n’avons pas de moyens pour échapper à la loi de ces requins», affirme un marchand d’El Hattab. Profitant de la libéralisation du commerce et des prix, les grands spéculateurs sont donc en état de sévir comme ils le veulent, contrôlant, à la source, l’approvisionnement des détaillants. Lesquels n’hésitent pas à faire payer le consommateur sans défense devant l’appétit féroce des uns et des autres. Selon un autre détaillant, il y a une complicité coupable entre mandataires et sous-mandataires attirés. Ces derniers raflent tout avec l’accord tacite des premiers et pratiquent ensuite la rétention dans la revente. Créant ainsi, un phénomène d’inflation sur les prix des fruits et légumes, qui ne sont cédés qu’en quatrième main le plus souvent par les revendeurs au niveau du marché de détail. En quelque sorte, une entente criminelle, au sens économique et social du terme, interdite en principe par la loi.
L’État finira-t-il par réagir à cette situation pénalisante ? C’est la question que se pose chaque jour le citoyen victime de la cupidité et de l’irresponsabilité dominante.