Ces familles ont été installées, dans un premier temps, dans des chalets à Sidi Fredj, le temps que leurs maisons soient réhabilitées. Ironie du sort, la nature frappe une nouvelle fois. Le séisme de Boumerdes a été le coup de grâce pour leurs demeures.
Ces familles avaient tout perdu après les caprices de Dame nature un certain samedi 10 novembre 2001…. La seule chose qu’elles demandent, c’est de retrouver aujourd’hui «un toit» décent.
Sept ans après les terribles inondations de novembre 2001 qui ont ravagé Bab El Oued, une quinzaine de familles n’ont pas été relogées à ce jour. Elles vivent encore dans des chalets de fortune installés pour eux au site du Chabon à Bordj El Bahri.
Arrivés sur les lieux, c’est la fille aînée de M. Djenadi qui se charge de nous recevoir. Âgée d’une vingtaine d’années, elle dit ne plus avoir assez de force pour porter le poids de ses vingt printemps ou plutôt vingt hiver dont elle a passé une grande partie dans des conditions lamentables. Lasse de la misère et à cause du sort peu enviable de sa famille et de quatorze autres familles transférées toutes de la commune de Rais Hamidou, lors des inondations de Bab El Oued, elle ne cesse de lancer de longs soupirs. Leurs conditions de vie n’ont, explique-t-elle, «rien à envier à celle de la période médiévale». Continuer à vivre dans les chalets, explique la majorité de ses voisins «devient insupportable ou plutôt un supplice en l’absence des commodités les plus élémentaires».
Les autorités locales, expliquent les familles, «nous avaient promis de nous reloger avant l’hiver 2006». Des déclarations qui «ont nourri tant d’espoir mais qui n’ont pas encore dépassé le stade de promesses». Pour étayer encore leurs propos, les sinistrés retracent la genèse de leur «infortune».
Suite aux inondations, leurs maisons ont été classés dans la liste des «croix rouge», un sigle choisi à l’époque du drame, par les service du CTC, pour désigner les maisons inhabitables
Ces familles ont été installées, dans un premier temps, dans des chalets à Sidi Fredj, le temps que leurs maisons soient réhabilitées. Ironie du sort, la nature frappe une nouvelle fois. En effet, après 18 mois il y’a eu le séisme de Boumerdes qui a été le coup de grâce pour leurs demeures qui ont été complètement démolies par le tremblement de terre. «Tous les sinistrés de Bab El Oued ont été relogés sauf nous, sous le prétexte qu’ont est…victime doublement de l’acharnement de la nature», affirme M. Djenadi. Aujourd’hui ils occupent ces lieux «dangereux», où se tassent près de 340 familles, avec les sinistrés du séisme et les familles venant des bidonvilles inscrits dans le programme du gouvernement d’éradication de l’habitat précaire. «Nous n’existons que sur un fichier de l’état civil», regrette M.Djoudi.
Il tient à expliquer au passage que «suite aux appels et aux sollicitations qu’on a manifestés auprès des services de la wilaya d’Alger pour réclamer nos droits d’être relogés, le wali délégué nous a demandé de nous désister de nos terrains». «On a fait ce désistement dans un délais record mais malheureusement notre situation est demeurée inchangée».
«L’unique fois où les services de l’APC se sont rapprochés de nous, c’était à l’occasion des dernières élections législatives (…) Le P/APC de Bordj El Bahri est venu nous rendre visite pour nous demander de rayer nos noms des listes électorales de l’APC de Rais Hamidou et de nous inscrire dans les siennes». Notons enfin que toutes nos tentatives de joindre le président d’APC de Rais Hamidou sont demeurées vaines. Y. B.