En cette saison hivernale, un produit pollue le Sébaou. Il s’agit de la margine, un composant toxique résultant de la trituration des olives, et cette année, la situation risque d’être très préjudiciable car la wilaya de Tizi-Ouzou a connu une campagne oléicole exceptionnelle.
Selon les experts, l’oued Sébaou, la principale ressource en eau de la wilaya de Tizi-Ouzou, est menacé par une pollution irréversible à court terme et ce, à cause de l’exploitation anarchique de son lit d’oued par les sablières. Aujourd’hui, la couche aquifère qui protège la nappe phréatique de la contamination a subi d’énormes dégâts qui ne peuvent se réparer qu’avec un arrêt de l’exploitation sur plusieurs années afin de lui permettre de se reconstituer, surtout qu’elle a été totalement démantelée dans plusieurs endroits, ce qui fait que les différents déchets que reçoit l’oued risquent de contaminer l’eau. D’ailleurs, cela est déjà arrivé et la direction de l’hydraulique s’est vue contrainte de fermer certains forages pour cause de pollution. En cette saison hivernale, un autre produit pollue le Sébaou. Il s’agit de la margine, un composant toxique résultant de la trituration des olives, et cette année, la situation risque d’être très préjudiciable car la wilaya de Tizi-Ouzou a connu une campagne oléicole exceptionnelle. La forte production d’olive fait tourner à plein les 416 huileries, dont 93 modernes, ce qui signifie que le volume de margine, à savoir une moyenne de 170.000 quintaux, déversé directement dans l’oued et ses affluents représente une véritable menace pour cette ressource qui fournit 80% de l’eau potable de la wilaya. Pourtant, il y a deux années de cela, le wali de Tizi-Ouzou avait instruit l’ex-directeur de l’environnement de faire une inspection des huileries et de sommer, sous peine de fermeture, celles qui ne disposent pas de moyens de traitement de la margine de s’en équiper. Si la saison passée la production d’huile d’olive était très faible, cette année ce n’est pas le cas et c’est ce qui inquiète justement les autorités locales. Sur ordre de l’actuel directeur de l’environnement, une commission d’inspection des huileries a été mise sur pied. Celle-ci a inspecté 160 huileries situées en amont du bassin versant du Taksebt, et suite à quoi, 12 unités qui ne disposent pas de bassins de décantation ont été fermées. Des mises en demeure ont été prononcées contre 16 autres et ce, pour non-conformité de leurs bassins de décantation. Selon ladite commission, seulement 18 huileries disposent de systèmes de traitement de la margine qui répondent aux normes. Les autres huileries sont appelées à faire leur audit en engageant un bureau d’étude agréé par le ministère de l’Environnement et en prenant les mesures qui s’imposent en terme de protection de l’environnement afin qu’ils puissent rouvrir. Cela dit, il serait intéressant que le contrôle s’étende vers le reste des huileries…
Par : Zahra H.