Ali Aissaoui a choisi de filmer Constantine par temps pluvieux afin d’aller à contre courant d’un cliché assez répandu qui veut que la ville du Vieux rocher soit plus belle au printemps ou par temps clair. Et cela lui a réussi puisque le documentaire « Marhaben Qacentina » a été récompensé hier. «C’est une ballade de la caméra dans Constantine sous la pluie avec des arrêts dans les endroits qui comptent dans l’histoire et la géographie de la cité, accompagnés de succincts commentaires présentant l’endroit avec, en musique de fond, des airs et des chansons Malouf choisis parmi les plus représentatifs» a déclaré le lauréat. Producteur talentueux et prolifique, lauréat de l’Ecran d’or 2008 de la Télévision nationale, le réalisateur Ali Aissaoui se dit très content de la récompense elle-même et de ce qu’elle lui a valu comme félicitations d’un peu partout et surtout d’anciens noms du cinéma algérien. « C’est Constantine, son histoire captivante et son merveilleux site qui ont été primés à travers une émission qui leur était dédiée» confie-t-il avec pudeur à propos de « Marhaben Qacentina ». Ali Aissaoui n’oublie pas non plus de souligner que cette distinction est également celle de toute l’équipe de tournage, notamment le directeur photo Mourad Bouguira, le caméraman Omar Khaznadar et le monteur Fouzi Benini qui ont d’ailleurs été tous "nominés" pour la même émission. "C’est moi-même qui ai choisi cette équipe comme je le fais toujours car il est évident que le choix de personnes capables de travailler en symbiose et dans la convivialité est un facteur important dans la réussite de toute production cinématographique », tient-il à préciser. "Mahraben Qacentina" a également reçu, indique son heureux réalisateur, le 2e prix du grand concours des radios et télévisions arabes (ASBU), organisé à Tunis début novembre. Cette distinction, décernée dans la catégorie "Sahra arabia", réservée aux émissions spéciales, est aussi un motif de grande fierté pour ce réalisateur, d’autant plus que le concours en question a été, cette année, des plus serrés pour avoir enregistré une participation record des pays arabes. L’unanimité faite autour de la consécration de ce réalisateur de la station régionale de l’ENTV de Constantine n’a rien de surprenant, car Ali Aissaoui est connu pour être un travailleur persévérant et auteur de nombreuses séries qui ont fait sa réputation dont la très sympathique émission d’animation "Saif el Bled" qui avait aussi reçu " l’Ecran d’or" en 2000 et 2001. Le réalisateur de "Aissa story" -autre série, autre succès- estime le nombre de séries à son actif, depuis 1984, à quelque 600 productions sur le théâtre, l’art, les portraits et bien d’autres thèmes, sans compter les "directs" qui lui sont souvent confiés par la station régionale ENTV de Constantine. Constantine étant la ville du Vieux rocher mais aussi celle des Ponts. Ceux-ci, ainsi que le théâtre de la ville, ont eu la part belle dans cette émission de 52 minutes diffusée sur les 3 chaînes de la télévision. Le réalisateur a été secondé dans la préparation de cette production par l’architecte Badia Sahraoui, chargée du dossier de la restauration de la vieille ville de Constantine. Ce documentaire est le premier d’une série ciblant les grands ensembles géographiques du littoral et de l’Est du pays.
R. C.