Caricature Sidou
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| ’’Déliés, une descendance algérienne’’, un ouvrage collectif |
| Halte au cœur de Beni Haoua |
| 9 Septembre 2008 |
Paru aux éditions Métamorphoses, le beau livre intitulé ’’Déliés, une descendance algérienne’’ dont les textes historiques et de fiction accompagnent les peintures, calligraphies et photographies se veut une invite dans le temps et l’espace. Le collectif d’auteurs dont Hachemi Mokrane, Laurence Huet, Yves Jeanmougin et Mariela Damian transportent le lecteur dans la ’’felouque’’ du terroir et du patrimoine immatériel. Quoi de plus beau qu’une escapade à travers le littoral ouest algérien pour rendre hommage à Mama Binette et ’’aux fils de Hawa’’, une localité communément appelée Beni Haoua (wilaya de Chlef), nichée sur une bande côtière.
Le Banel, vaisseau de la flotte napoléonienne parti de Toulon, fit naufrage, il y a deux siècles, dans la baie des Souahlia. Rescapée, une Européenne demeurée en Barbarie, Imma B’nêt, épousée par le caïd du village, sera élevée à la dignité de marabout. Cette sainte de l’islam est à l’origine d’une lignée d’Algériens au teint clair et aux yeux bleus. Laurence Huet dénoue les archives, tresse une correspondance imaginaire, sème des messages à la Méditerranée. Hachemi Mokrane, calligraphe né à Beni-Haoua, entreprend une démarche plastique à la mémoire de l’ancêtre. Révélant la beauté des contreforts maritimes du Dahra, le photographe Yves Jeanmougin, allant à la rencontre des fils d’Ève, trace un chemin qui mène jusqu’à la koubba dominant la mer où est enterrée la sainte. Déliant les langues, Mariela Damian recueille les témoignages des habitants de Beni-Haoua, qui vénèrent toujours Imma B’nêt aujourd’hui. La polyphonie de Laurence Huet, réalisée par France Culture, donne voix à Imma B’nêt, à son frère, à Bonaparte, au Dey d’Alger et aux rescapés du Banel, accompagnés par la contrebasse de Titus Oppmann.
Le langage ici se veut un message à la mer comme il semble se diluer dans les mœurs et les croyances qui se perpétuent dans des cycles liturgiques à travers les gestes des petites gens. La charge expressive du marin est enfouie dans la parole silencieuse de Beni Haoua, telle une fenêtre ouverte sur un monde où le tumulte de la grande bleue se veut étrange et complice à la fois. Les textes participent aussi à cette mémoire, à travers des haltes en noir et blanc qu’immortalisent les auteurs… Le temps se résume par le quotidien serein et paisible du vieux, la vieille et l’enfant. Il s’égrène aussi par les écrits calligraphiés en bichromé, donnant l’impression au lecteur que l’écriture est couchée sur un parchemin.
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