Beaucoup de parents s’interrogent sur les répercussions que pourraient avoir les ondes de téléphones mobiles sur leur progéniture. Mais au-delà de cet aspect médical, l’usage régulier du portable par nos chers petits est-il un facteur de déséquilibre ?
Comment faisions-nous avant son arrivée ? Depuis plus de huit ans maintenant le téléphone portable s’est démocratisé à tel point que nos enfants en possèdent pratiquement tous un et en réclament toujours plus tôt. Est-il raisonnable de céder, doit-on appliquer un principe de précaution ? Concernant les ondes téléphoniques, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) et les autorités sanitaires françaises font aujourd’hui la même réponse pour tous : aucun danger pour la santé n’a été établi en dessous de la limite de 2 W/kg. Elles n’indiquent pas un âge en dessous duquel l’utilisation du mobile serait déconseillée. Il appartient aux parents de décider s’ils équipent ou non leur enfant et à quel âge ils le font. Le ministère de la Santé, de la Jeunesse et des Sports invite sur ce sujet les parents à la prudence. Pourtant, depuis plusieurs années maintenant, les associations Agir pour l’environnement et Priartem luttent contre l’interdiction des mobiles pour enfants. Et, à plusieurs reprises, elles ont intenté des procès aux fabricants de téléphones pour enfants, comme pour le Babymo, un portable destiné aux 5 ans, aux fonctions très simplifiées. Pas d’appareil photo intégré ni de port infrarouge, il contient juste un micro-répertoire et quatre sonneries, en plus d’un design rigolo, pour environ 100 euros. Mais pour l’Association française des opérateurs mobiles (Afom), les données scientifiques concluent au contraire à l’absence de risque. Pourtant, en février 2005, BHV et carrefour avaient retiré les portables destinés aux enfants de 4 à 8 ans. Selon eux, mieux vaut prévenir que guérir.
Quatre ados sur cinq ont un portable
Si les portables constituent une nuisance pour notre santé, notamment pour les cancers du cerveau, comme le craignent ses détracteurs, les effets ne seront perceptibles qu’à long terme. Selon une étude américano-danoise menée sur plus de 13.000 personnes de moins de sept ans et parue dans la revue scientifique Epidemiology, les champs électromagnétiques produits par les téléphones portables auraient des conséquences sur les enfants en bas âge ou encore dans le ventre de leur mère, telles que l’hyperactivité ou des troubles comportementaux. Au quotidien, d’autres risques liés aux mobiles subsistent. Comme pour les adultes et la voiture, il est dangereux pour les enfants de téléphoner en faisant du roller, du vélo ou du scooter. Cela constitue à coup sûr une perte d’attention évidente. Symbole d’émancipation et d’amitié pour les jeunes du fait de la création d’une forme de lien social entre eux, les mobiles peuvent très vite devenir obsessionnels et induire un déséquilibre du comportement.
A l’école, le bon geste pour un jeune serait ainsi d’éteindre son mobile lors des cours en le laissant sur la messagerie. Bref, une sorte de code de conduite alliant responsabilité et civisme. Mais, malgré le fossé technologique existant entre nos marmots et nous, ce n’est pas au vieux singe que l’on apprend à faire la grimace.
La plupart des parents ont conscience de tous ces risques et comportements, mais l’aspect sécuritaire séduit et surtout rassure. Le fait de joindre ou d’être joint à tout moment en cas de problème est bien sûr le meilleur argument de vente des opérateurs. Et pendant que ce marché juteux grossit, les recherches scientifiques se poursuivent afin, par exemple, de mieux prendre en compte les particularités du jeune utilisateur qui est, ne l’oublions pas, en phase de croissance.