Le Midi Libre - Région - Un DÉPOTOIR À CIEL OUVERT
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Edition du 8 Septembre 2008



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Sidi-Aïch, place Mohamed Boudiaf
Un DÉPOTOIR À CIEL OUVERT
8 Septembre 2008

L’unique place publique da la ville de Sidi-Aïch est dans une situation dramatique. Le laisser-aller ne semble plus connaître de frontières.  

La ville de Sidi-Aïch, situé à 50 kilomètres de la ville de Béjaïa, dispose d’une seule place publique, qui est oubliée des pouvoirs publics et des citoyens. En effet, cet espace d’une rare beauté est devenu un lieu à ne pas visiter. Les ordures sont éparpillées un peu partout formant un dépotoir à ciel ouvert. Ici, on trouve toutes sortes de déchets : papiers, sachets, restes alimentaires, emballages en carton,  bouteilles de vin et de bière…Des odeurs nauséabondes dissuadent toute personne désirant faire une petite pause. Cette place est devenue, depuis fort longtemps, infréquentable, ou presque. A part quelques vieux, de jeunes garçons qui jouent au football et des malades mentaux, même les riverains évitent de passer par là. Pourtant, des photos et des cartes postales de l’époque coloniale temoignent que les espaces publics étaient très bien entretenus. Dans cette place, il a plusieurs palmiers qui donnent à l’endroit un charme particulier. Il y a même des arbres exotiques qui font l’ombre à bancs en ciment. D’ici, on voit une partie de la ville et de très beaux édifices, à l’instar de la mosquée et de l’église (transformée en habitation) qui envoûtent encore les passagers qui ne manque pas de les photographier. Autrefois, cette place était un carrefour, non seulement, pour les habitants de la ville mais pour tous les citoyens de la vallée de la Soummam (Chemini, Akfadou, Tibane, Tinebdar, Takeritt, Timezrit…). Comme il n’y a pas d’autres endroits pour se reposer et fuir les désagréments citadins, c’est dans ce « petit paradis » que les gens trouvent « refuge ». «Ce lieu me rappelle tant de souvenirs... C’est ici qu’on a fêté la cérémonie de mon mariage, il y a plus de 50 ans ; c’était il y a bien longtemps. Nous venions dans cette place très souvent quand on était petits. Le bon vieux temps n’est plus à évoquer ou presque. Comme vous pouvez le constatez vous-même, l’endroit est devenu infréquentable. Tous les élus qui sont passés par notre A.P.C ont animé des meetings populaires sur cette esplanade. Ils ont tous promis de la prendre en charge, mais rien n’a été fait. C’est vraiment malheureux», déplore Da Kaci, un vieux de la ville, qui ne cache pas sa colère et ses regrets. La fameuse place a été baptisée Mohamed-Boudiaf,quelques mois après l’assassinat de l’ancien chef d’Etat. En plus de son importance écologique, elle sauvegarde une mémoire plurielle qui témoigne de plusieurs haltes importantes de l’histoire du pays et de toute la région.  Peut-être qu’il est temps de revaloriser l’environnement et de donner plus d’importance à notre passé. Le laisser-aller n’est pas une fatalité.

Par : Yacine Remzi

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