En ce début du mois sacré, les magasins ont changé d’allure et les prix aussi. Les marchés inondés de nouvelles marchandises invitent le client à gratter le fond de ses poches pour garnir sa table.
Des nappes brodées, des soupières, des bols, des tables sculptées affichent des prix différents. «Le prix du produit local n’est certainement pas analogue à celui de l’étranger. Mais il faut surtout faire la différence entre la porcelaine de Chine et celle de France, par exemple», dit Abdellah, propriétaire d’un magasin de vaisselle de luxe. Interrogé sur les périodes des meilleures ventes enrégistrées par son magasin, il rétorque que «la saison estivale reste la période la plus propice grâce aux fêtes de mariage. Le mois de Ramadhan est aussi une période rentable». Et d’ajouter : «Actuellement, les gens optent beaucoup plus pour les produits d’imitation qui sont proposés à des prix moins chers que ceux originaux. J’ai alors moins de chance de vendre les produits de luxe.» Merouane, vendeur dans une rue fréquentée par les Blidéens pour ses prix abordables, précise que les gens cherchent souvent des produits luxueux à des prix raisonnables. En abordant un autre sujet, Mourad, jeune vendeur au même marché, précise qu’il n’a pas les moyens d’ouvrir un magasin, surtout avec la question des impôts qui hérissent les poils de n’importe quel commerçant. Il estime également que les marchands clandestins souffrent tous les jours, pourchassés qu’ils sont par les policiers. «Fréquemment, toute notre marchandise est saisie. On perd des sommes très importantes. Mais si l’on fait un bon calcul, on prend conscience qu’on gagne deux fois plus que les commerçants, lesquels, à leur tour, doivent assumer les charges de la location, les différents frais d’électricité ou de téléphone, en plus des impôts et des multiples tracasseries.» Les produits agroalimentaires se sont certainement taillés la part du lion en cette période avec les préparatifs des ménages pour le mois sacré. Mustapha, épicier, dit que beaucoup de gens avaient déjà commencé à acheter et stocker des produits alimentaires en prévision du Ramadhan. «Ils ont eu peur d’une flambée des prix durant ce mois. C’est pour cela que les gens se sont précipités pour faire les courses», conclut-il. Madjid, pour sa part, pense que certains commerçants commettent «des erreurs en ramenant une quantité importante de produits et en songeant à de meilleures ventes en cette période. Seulement, les gens hésitent à en acheter à cause de la flambée des prix». A plusieurs reprises, il lui est arrivé de perdre sa marchandise (surtout les produits périssables) en faisant de mauvais calculs sur la demande des clients.